L'éducation comme rempart à l'impunité – 2017-01-17

Nous tenions à vous partager cet article du Monde Afrique qui permet de mettre en perspective la nécessité de notre action dans la région de Piéla par l'acte d'agrandir le dortoir préalablement construit pour 60 écolières.

Comme l'article le décrit d'une manière très claire, avec de nombreux témoignages afin d'exemplifier la problématique vécue par des dizaines de familles, les écolières sont les premières victimes de cette pratique archaïque et toujours bien ancrée dans la société burkinabaise, qu'est le rapt afin de forcer un mariage non consenti.

Cette pratique dénuée de criminalisation instaure un climat de peur tant dans le chef des filles scolarisées que dans leurs familles, le plus souvent les plus vulnérables de la société burkinabè qui se complaît dans un état de fait anomique, renforcé par cet acte de prédation.

La paix sociale de la société burkinabaise est mise à mal tant par l'inaction des juges qui ne veulent pas interférer dans les traditions ancestrales que par le découragement des familles qui se trouvent démunies et isolées par rapport à une situation culturelle qui les dépasse.

L'éducation et la prévention permettront d'une part, de protéger les écolières et d'autre part, de tendre vers la criminalisation de cette pratique. Le dortoir construit à Piéla permet aux filles de loger à côté de leur école en étant protégée par un surveillant tout en se concentrant sur leur scolarité. Les résultats corroborent nos présomptions initiales, le taux de réussite des filles de l’internat était supérieur à 52% lors du BEPC de l’année 2015-2016 (examen de fin de cycle) contre une moyenne 35% pour l’ensemble du lycée. Il est intéressant de noter que le taux de réussite du lycée de Dabesma est largement supérieur à la moyenne des taux obtenus dans la commune.

Nous n'avons jamais douté du sens de notre action sur le terrain, ce type de problématique nous pousse à réfléchir de manière globale et à long terme afin de rendre la vie de tous les habitants de Piéla plus facile.

Source : http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/08/19/dans-un-village-burkinabe-le-rapt-coutumier-des-petites-ecolieres_4984830_3212.html